La Cigale, entre vitrail et céramique

Il propose de l’art brut contemporain, des toiles à l’univers foisonnant qui racontent l’énergie des lieux, des foules et des objets du quotidien.

Gérard Pato, alias la Cigale, présentera son travail pour la toute première fois à la galerie du Chevalet fin août. Les œuvres de Gérard Pato sont signées la Cigale, un insecte « qui chante, qui ne fait rien et qui, comme moi, est content quand il y a du soleil », plaisante l’artiste plasticien. Elles figent, en couleurs, avec « un peu d’humour » et parfois « un peu de sarcasme », des scènes de vie polynésiennes.

De loin le travail de Gérard rappelle le vitrail et la céramique.

Au premier regard, les compositions paraissent foisonnantes, voire débordantes. En s’approchant, l’observateur découvre une organisation très maîtrisée où les personnages, les véhicules, les animaux, les objets trouvent une place dans un ensemble cohérent.

Chaque centimètre carré ou presque est habité. Il faut regarder longtemps avant d’avoir tout vu, et encore, est-il possible d’avoir tout vu ? « C’est du boulot ! », commente Gérard qui dessine, colore, fait évoluer les traits à l’envi. « C’est compliqué dans ma tête, j’imagine des scènes dans la trace de mes traits », explique celui qui n’hésite pas à se débarrasser de ce qui ne lui plaît pas. « Je ne garde que ce qui me paraît joli. »

Autodidacte, Gérard dessine depuis qu’il est enfant, « mais j’ai toujours jeté ce que je faisais ». Il a, un temps, espéré rentrer à l’école des Beaux-Arts qu’il n’a pu intégrer faute de moyens. C’est une fois à la retraite, encouragé par un ami, qu’il s’est lancé. « Je peins vraiment depuis un an et demi », assure-t-il. Il a déjà réalisé une soixantaine de toiles qui forment un corpus cohérent. La Cigale a du style, elle n’est finalement peut-être pas restée à chanter tout l’été.

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